La question revient dans chaque échange avec une entreprise de construction : pourquoi le chiffrage prend-il autant de temps ? Un promoteur attend une estimation des coûts en quelques jours. Le service études de prix a besoin de six, voire huit semaines, pour produire un montant qu’il juge acceptable. Entre-temps, l’appel d’offres est clos ou le client a déjà commencé à discuter avec un concurrent.
Le problème ne se résume pas à un manque de rapidité. Les chargés d’études de prix sont formés à la précision. Leur travail est vérifié après la réception des travaux, leurs chiffres servent de base au contrat de construction et la moindre erreur leur est souvent sévèrement reprochée. Dans ce contexte, rapidité et précision sont naturellement en tension. Pour répondre à un appel d’offres, le besoin diffère de celui d’un contrat : il faut une estimation solide, fournie rapidement, qui rende les risques connus visibles.
Résoudre cet écart relève de l’organisation des processus, pas du choix d’un logiciel.
Notre approche, quel que soit l’ERP utilisé, repose sur trois axes complémentaires. Le premier est celui des modèles. Les entreprises de construction qui disposent d’une capacité de conception en interne créent des modèles de conception et les relient à leur processus de chiffrage. Un immeuble à appartements, une école, une tour de bureaux : chaque type de projet possède son modèle, avec une structure de base de quantités, de natures de coûts et d’hypothèses. Le chargé d’études de prix ne part plus d’une page blanche : il adapte le modèle aux particularités de son projet.
Le deuxième axe est l’accès précoce aux informations d’achat. Les prix de référence des fournisseurs et des sous-traitants sont intégrés au modèle de chiffrage. Le chargé d’études de prix n’a plus à multiplier les appels pour connaître le prix actuel d’un revêtement de finition courant. Ces références sont tenues à jour, et non collectées une seule fois.
Le troisième axe est le BIM. Lorsque l’équipe de conception fournit une maquette BIM, les quantités en sont extraites directement vers le modèle de coûts. Cela demande une préparation et ne convient pas à tous les contextes. Mais lorsque cette intégration fonctionne, le relevé manuel des quantités disparaît entièrement du cycle de chiffrage.
« Nous faisons la distinction entre un calcul détaillé et une estimation. Une bonne réponse à un appel d’offres demande une estimation solidement étayée, pas un calcul exact. En intégrant cette distinction dans votre processus, vous gagnez des semaines. »
— Dennis Michiels, Expert applicatif senior chez Teamservices
En Belgique, la difficulté supplémentaire est qu’il n’existe pas encore de standard BIM national. En Allemagne, en France et aux Pays-Bas, les entrepreneurs peuvent s’appuyer sur un langage de conception commun. En Belgique, les maquettes BIM diffèrent selon le bureau d’études qui les produit. Nous ne cherchons pas à résoudre ce problème en attendant un standard national, que nous ne prévoyons pas dans un avenir proche. Nous travaillons avec des entrepreneurs qui disposent de leurs propres modèles de conception. Lorsqu’on maîtrise son propre langage, il n’est pas nécessaire d’attendre un langage national.
La conséquence stratégique pour les entreprises de construction est claire. Si votre avantage concurrentiel repose sur votre capacité de conception, le cycle de chiffrage peut devenir votre principal point de blocage. Chaque semaine gagnée vous permet de répondre à des appels d’offres que vous laissez aujourd’hui passer faute de temps.
Ces cinq semaines d’écart contribuent à déterminer les projets sur lesquels vous osez vous positionner et la marge que vous obtenez sur ceux que vous remportez.
En savoir plus sur notre approche et la manière dont nous pouvons accompagner votre entreprise de construction.

